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Croatie
2003 |
Dimanche 20 juillet
On
s’est tous retrouvés à l’aéroport, en se
faisant un peu attendre pour ce qui est de Nono ; quant à Papy, il
est passé par Orly, c’est plus rapide …
Premiers contact avec la Croatie dans l’avion, avec la nourriture d’abord
(qui semble … nourrissante ; pas d’autre adjectif pour l’instant),
puis la bière qui est blonde et légère, ... comme certaines
hôtesses.
Quant à la langue : assez rugueuse ! C’est la première
fois que nous nous apprétons à visiter un pays inventeur de
noms propres composés exclusivement de consonnes.
A la douane, il nous faut démonter tous les appareils photos ; Comme Mumu, Eric et Fabrice ont décidé de faire un concours de zooms, le douanier quant à lui, prend un cours technique sur les boitiers 24x36…
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Après un deuxième avion où la collation est encore plus frugale (oui, mais c’est du véritable « Doubitchou » des Balkans!) on arrive Dubrovnik où l’on est réceptionnés, transportés (un petit aperçu nocturne sur la vieille ville qui donne envie de revenir …) et embarqués à bord d’Océanix par l’équipe Sunsail... ...Ouf, on est arrivés et en vacances! |
Lundi 21 juillet
La
coutume locale veut que le soleil se lève très tôt : dès
5 heures, semble-t-il, il fait grand jour et à 8 heures c’est
presque trop tard et trop chaud pour le petit déjeuner sur le pont.
Une mission essentielle pour la réussite de la croisière est
menée à bien : le ravitaillement, où le manque de maîtrise
de la langue croate risque de réserver quelques surprises : tout le
charme du dépaysement !
Après un apéro-briefing
où Ben explique les règles essentielles de survie à bord
et Eric propose un programme adopté à l’unanimité,
chacun va caler et ranger ses petites affaires et on se prépare à
appareiller.
13H15 : Départ. Petit concours
sur la hauteur des collines qui sont de part et d’autre de la baie de
Gruz harbour, …. Alors combien ? 600 mètres quand même.
On met les voiles histoire de nous dérouiller un peu de la sieste,
mais c’est plus calme qu’un jour de pétole sur Madine,
c’est dire ! Donc moteur et direction la vielle ville et les remparts
de Dubrovnik.
Baignade et direction la terre : il parait que les glaces sont bonnes…
Une grande classique de la croisière en bateau : l’annexe tombe en panne : pour la première cargaison à terre, le moteur se montre particulièrement réticent à démarrer ; pour la deuxième fournée, il déclare définitivement forfait avec un grand « sporlck », lancé avec fort accent croate. Nous voilà à la rame jusqu’à la fin de la semaine !

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« Pour tout l’or du monde, la liberté n’est pas à vendre ». Fière devise, fière ville ! Dire que Dubrovnik est incontournable est une facilité de langage qui méconnaît la réalité : on peut (et l’on doit!) justement prendre la mesure de la ville en un tour de ronde fortifié, une belle envolée entre les clochers et les toits rouges où s’endorment les pigeons. A lire sur le site de l'Unesco: Dubrovnik -Mémoire d'une ville blessée |
On peut faire semblant de croire que le temps s’est arrêté à Dubrovnik, que la guerre a oublié ce port tranquille, mais c’est sans compter les échafaudages et les façades criblées de balles qui n’ont pas encore pansé leurs plaies.


Mardi 22 juillet
7H05 : Mise à feu des moteurs … Décollage imminent pour
l’île de Sipan. Les remparts de Dubrovnik sont éclairés
depuis une bonne heure déjà et un petit vent agréable
devrait nous pousser vers notre destination.
Muriel distribue généreusement le précieux médicament
: c’est même pas drôle, la moitié de l’équipage
est dopé au Sureptil!
Le temps de lever l’ancre,
et le vent nous a déjà quitté. Va donc pour la bourrique,
on trace à 7 nœuds vers le premier mouillage.
Aux abords d’un minuscule îlot rocheux surmonté d’un
monastère, on découvre la triste histoire de la fille du pêcheur
de Lopud noyée par ses frères au cours d’une pêche
de nuit, et de son amoureux transi finissant ses jours sur Sveti Andrija.
Après Lopud, Sipan, verte et sauvage elle aussi. Au fond d’une
baie bien abritée, un port avec son campanile et de belles villas cachées
dernières les palmiers, les cyprès et les chênes verts.

On louvoie dans les petites passes ; l’eau est bien tentante pour un mouillage ; C’est donc ce qu’on fait au nord-ouest de la petite île de Olipa.
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11H00 : Le réveil très tôt du matin nous autorise un décalage de l’heure de l’apéro qui est fort appréciable après la baignade vivifiante dans une eau limpide mais printanière.
13H00 : Direction pleine ouest vers Luka Polace. Une petite brise, certes légère, nous permet néanmoins de sortir enfin un peu les voiles en milieu d’après midi. Première sensation de barre pour Alain : « ça plane moins qu’en funboard à Hurgada ! »
17H00 : Un bond 6 nœuds nous
a permis de longer agréablement Mljet. Un rochet surmonté d’un
phare marque l’entrée du chenal. On est enveloppés par
les odeurs des pins chauffés au soleil.
Arrivée au fond de la baie où mouillent les bateaux qui viennent
sans doute comme nous découvrir le parc naturel tout proche.

17H01 : Véro : « Je me fais délogé par un "debout la grosse !" Non mais vraiment. Moi le docteur n’a pas encore dit que j’étais en surcharge pondérale,… même légère ! »
Soirée paisible au mouillage.
On va se dégourdir les jambes et se rafraîchir le gosier avant
dîner. Le petit village de Polace est composé d’une unique
rue au bord de la mer; beaucoup de maisons de pêcheurs se sont transformées
en restaurant-pontons où le fait d’attraper une aussière
engage évidemment à manger sur place.
La nuit est plus calme qu’à Dubrovnik ; pas de guinguette bruyante
ni de fête nocturne chez nos voisins de mouillage.
Mercredi 23 juillet
C’est presque une grasse matinée : 7 heures !
On avait le choix entre louer un vélo, un scooter, un canoë, une
voiture et finalement on a opté pour l’option « bus+bateau
» : direction les lacs salés du Parc National de Mljet. Le billet
combiné (50 kunas) comprend également l’entrée
du parc naturel.

Des entassements cosmopolites prennent d’assaut les minibus et les embarcations qui sillonnent le lac. Le point de convergence est le petit îlot où un monastère a été transformé en auberge. On s’y retrouve pour le pique-nique.

Ailleurs heureusement la foule est moins dense et on se lance même sur
des sentiers déserts qui nous mènent au cœur d’une
sorte de maquis. Beaucoup de ressemblance avec la Corse dans ces endroits
vides de toute habitation (ah si, une cabane gardé par une chèvre
!). Les genévriers, les pins, les myrtes, tout cela sent bon la méditerranée.
Ajoutez à cela le calcaire chauffé à blanc, les cigales
têtues et combatives, et l’eau verte bien moins froide qu’il
n’y parait.
Après cette escale terrestre, départ pour Korcula (Prononcez « corchoula » pour ne pas passer pour un blérot), essentiellement au moteur. On trouve une place sans peine dans le port, mais ça se remplit très vite. La ruée vers les douches ne se fait pas attendre !
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Histoire amusante : Les aventures d’Eric, explorateur messin sur l’île de Mljet
Droit de réponse d’Eric « Le whisky n’y ait absolument pour rien dans cette histoire, j’ai belle et bien été attaqué par des cigales à plusieurs reprises. Et c’est seulement grâce à des esquives rapides, digne d’Harry Potter face aux cognards, qui je m’en suis sorti sain et sauf » |
Jeudi 24 juillet
Matin
quartier libre pour tout le monde. Malgré une foule dense et une vie
nocturne animée, pour ne pas dire agitée, on a plutôt
bien dormi devant les murs de Korcula.
A huit heures, il fait déjà très chaud. Heureusement,
pas de longue marche à pied au programme aujourd’hui, mais une
flânerie nonchalante à la poursuite de Marco Polo dans cette
petite bourgade d’où sont bannies les voitures. Elles auraient
d'ailleur bien du mal à circuler dans les ruelles où les escaliers
pavés descendent presque tous vers la mer.


Un air italien prononcé quand on lève
les yeux vers les toits de tuiles et les frontons des églises: rien
d’étonnant, les vénitiens ont tenu la place de longues
années; ils ont laissé la cathédrale sous la garde de
deux lions et le souvenir de Marco Polo pour rêver à d’autres
horizons.

13H00 : La météo dalmatienne
est remarquablement constante, beau, chaud et léger vent. Alors on
repart en direction de Véla Luca, en longeant la côte de Korcula
toujours aussi verte.
De nombreuses terrasses, même sur les îlots en apparence les plus
arides, semblent aujourd’hui abandonnées.
Sur la route entre la presqu’île de Peljesac et Korcula, on traverse
un spot de funboard très fréquenté. C’est le seul
qu’on ait vu jusque là.
Les
premiers miles sous voile se font à un rythme alangui (2.2 nœuds
!) qui s’accorde fort bien avec l’envie irrésistible de
sieste qui s’empare chaque jour de l’équipage à
cette heure-ci.
Ensuite, le vent forcit et nous fait prendre de la vitesse (6 nœuds). Divers objets ont été lancés par dessus bord pour permettre à Ben de simuler la fameuse manœuvre de « l’homme à la mer ». Pour « le chapeau à la mer » ou « le cerf volant à la mer » ça marche, mais pour le capuchon d’objectif Nikon d’Eric , rien à faire !
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16H00 : Tiens, le ciel s’obscurcit
… Mouillage au nord-ouest de Vela Luka dans une crique très calme protégée par deux îlots |
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Le couché de soleil dans un voile de nuage est très joli, mais
le « rayon vert » ne sera pas pour cette fois !
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Vendredi
25 juillet
On quitte à regret le petit mouillage déniché juste avant
Vela Luca. A peine une dizaine de bateaux pour profiter de cette belle nuit
étoilée, après quelques brasses dans une eau qui semblait
très propre. Des petits poissons bleus venaient même nous chatouiller
les pieds.
Le lever matinal nous permettrait
presque un petit déjeuner parfaitement paisible, si ce n’était
la voracité de quelques guêpes surgies d’on ne sait où,
à peine la première tartine de Nutella apparue.
Un petit vent thermique arrive à point pour nous pousser jusque Lastovo,
au sud de Korcula. On mouille dans un petit port où est installé
un centre de plongée ; beaucoup de maisons neuves avec des chambres
ou des appartements à louer.
Petite
balade à terre pour se mettre en appétit. Olivier est en pleine
forme pour se baigner après la grasse mat et les aléas digestifs
de la matinée (le pauvre n’a pas droit au Sureptil).
Après le déjeuner, on reprend la route vers Mljet. De long bords portant sur une mer un peu formée : la montée du vent aura été très progressive pendant toute la croisière et parfaitement adaptée au programme, ainsi qu’aux nouveaux venus dans le monde de la croisière.
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APERÖTÖ : à prononcer en roulant les R et avec un claquement de langue
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A l’approche de Mljet, il faut
remettre le moteur, à nouveau panne de vent.
On fait encore une fois le choix de la tranquillité pour passer la
nuit, et ce n’est pas vraiment pas difficile : une petite baie bordées
de maisons simples avec tonnelles et terrasses. Des cyprès et des oliviers
agrémentent le paysage. La route s’arrête au dessus du
village et écarte du bord de mer les voitures disgracieuses et bruyantes.
C’est tout de même plus élégant de rentrer chez
soi à la rame ou à la voile et d’amarrer son embarcation
au pied de sa maison.
Une grande soirée «
zéro reste » (et non « dernière chance »,
on n’est pas à l’UCPa !) est annoncée. Pour la bière
et le pastis, aucun problème, mais quand la bouteille de gaz et les
réservoirs d’eau douce s’en mêlent, c’est moins
drôle !
Le coup de la panne de gaz en plein milieu d’un repas étant tout
de même une des grandes classiques en croisière, on se résigne…
Mais personne n’arrive à expliquer comment on a pu consommer
autant d’eau (350 litres sur 400) sans se laver et en buvant autant
de bière !
Samedi 26 juillet
Lever 6H00, départ 7H00, ce à quoi plus personne ne trouve à
redire : la température clémente et la lumière douce
réveillent en douceur les dormeurs les plus endurcies (même Véro,
c’est dire !).

Pas beau, mais efficace les boosters!
On longe à nouveau les côtes
de Mljet, par le sud cette fois. L’île est entièrement
bordée de dalles calcaires inclinées qui forment une sorte de
feuilleté rocheux au ras de l’eau. Aucune plage de sable fin,
ce qui a sans doute préservée l’île du tourisme
de masse.
Les reliefs de la côte dalmate apparaissent bien vite en dégradés
bleutés sur bâbord. Derrière l’une des passes qui
se dessinent sur l’eau, l’entrée de Dubrovnik que l’on
rejoindra comme on l’a quitté : au moteur !
A l’approche de la « ligne » d’arrivée symbolisée
par un grand pont suspendu sous lequel il faut passer pour rejoindre la marina.
Une petite pause pour savourer une dernière fois la fraîcheur
de l’eau, la caresse du vent et la brûlure du soleil.
Le bateau est vite rangé ; on est dispensés du nettoyage à fond et l’inventaire façon Sunsail est vraiment convivial : à peine une heure pour rendre la caution : un record !

Une promenade aux douches pour profiter de la marina ; on aura particulièrement apprécié les installations et la beauté de l’endroit. C’est sans aucun doute les plus beau bâtiments de port que nous n’avons jamais vus. Les bureaux des loueurs sont installés dans une villa renaissance qui a dû faire les beaux jours de l’aristocratie dubrovnienne pendant les saisons d’été. Le jardin à colonnades, les bassins, l’escalier de pierre : un décor inattendu pour les Sun Odyssey de Sunsail.
Comme l’opération «
zéro reste » a été efficace, on prend le bus pour
aller dîner dans la vieille ville. Cela permet à Florence de
repérer la manœuvre pour le lendemain : elle ne voyagera pas avec
nous et devra attendre jusqu’à 15h au bord de la piscine ou à
une terrasse à Dubrovnick,la pauvre !
Un point important à noter quand on prend le bus : éviter de
demander quoi que ce soit au chauffeur, même en langage des signes.
Alain se fait sortir du bus plutôt fraîchement et il manque de
vocabulaire pour exprimer le fond de sa pensée en croate !
Après le repas où les calamars frits, la salade de poulpe et l’escalope de veau à la dubrovnienne ont été plébiscités, on parcourt une dernière fois les rues pavées que la vie nocturne intense a remplie de promeneurs.
On laisse à Dubrovnik une grande envie de revenir y flâner et les regards s’y attardent avec déjà sans doute un peu de nostalgie quand on reprend la route du bord de mer le lendemain en direction de l’aéroport.
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Ainsi s’achève cette première croisière en Croatie et tout nous laisse à penser que ce ne sera pas la dernière … |
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